LE RUISSEAU

Curieux et excitant comme la succession des événements prend forme tout au long de notre vie.

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La métaphore du petit ruisseau tranquille me vient en tête quand je me pose pour y réfléchir. De sa veine de départ, il fraie son chemin à travers les cailloux, se filtre pour s’adoucir en traversant les grains de sables le plus rudes… Le chemin est sans équivoque parfois ardu, rempli d’obstacles des plus contraignants les uns que les autres, mais le petit ruisseau persiste et ruisselle sans qu’on ne puisse l’arrêter avec son idée bien ancrée; rejoindre la mer. Une finalité excitante en soit, certes. Mais un parcours à apprécier bien avant tout. Et il est là, selon moi, l’enrichissement; tout au long de la longue coulée.
Et on parle ici d’années. Des années de défrichage de « tasse-toi de là » de « je veux passer » de « c’est par là que je vais » et de « wow, comme c’est beau ici ». L’immensité de l’ouverture qu’offre l’arrivée à l’océan est un sentiment incomparable et enivrant. Mais il n’est appréciable que lorsqu’on l’atteint l’esprit et le cœur conscient de tout ce qui c’est déroulé au passage. Une fois ces expériences acquises et assimilées, qui nous auront forgées et surtout faites grandir. Quand les raisons qui t’ont menées à frayer tout ce chemin jusqu’à la mer font du sens et appuient les efforts et sacrifices que t’as fait. Lorsque ta planche est enfin parfaitement sculptée selon tes besoins, préférences et au point pour ce que tu veux en faire, parce que tu te connais mieux que jamais après toutes ces années d’introspection.

À ce moment précis, ta vague devient surfable à un niveau que t’as encore jamais connu.

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C’est tellement qui tu croises. Qui tu t’es attardé quelques instants à regarder, pour te rendre compte au final que ce qui t’as accroché et fait retourner est une vibration sur une fréquence que seulement toi peux ressentir. Et c’est fort. Ça ne trompe pas. Quand ça t’arrive et que cette rencontre devient déterminante pour la suite du cours des choses, ça prend tout son sens.

Je ne crois pas aux hasards, plutôt en la synchronicité.

Ok, il y a la loi de l’attraction, on crée nos pensées, etc… mais il y a tout de même l’univers et nos guides qui se donnent un malin plaisir à tasser des troncs d’arbres, rouler des cailloux pour façonner les directions que ton cours d’eau emprunte. Question d’énergie. J’aime y croire. Des nouveaux liens qui se créent et dès lors ton débit s’intensifie. Tu voyages moins seul… t’affrontes des nouvelles cascades, les rapides sont de moins en moins impressionnantes malgré leur force; t’es supporté, accompagné.

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Les bons vents derrière toi, l’impression de perdre l’équilibre devient illusoire en se balançant. T’apprends à tanguer. Sans nécessairement t’en remettre aux décisions du courant. Voguer et se laisser guider amène son lot de surprise quand t’as l’esprit ouvert et envie de vrai, de pure, de cru. Et ça tu le trouves une fois bien enfoncé dans le « wild ». Ça devient au fait une dépendance incurable. Un « fix » qu’il te faut quotidiennement, une façon de réfléchir, l’air que ton corps ressent le besoin de respirer pour vivre. La proximité des milieux humides, l’imposante présence des montagnes, la densité des sapinières, la lumière de la lune qui me montre le chemin, ma planche selon la saison, mon moment dehors en symbiose hallucinante avec mes éléments. Une sérénité calme qui enveloppe une force grandissante. Et le bruit du petit ruisseau tranquille dans ma tête qui me Shelter as I go…

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Une réponse pour "LE RUISSEAU"

  1. Ginette cyr dit :

    toute une plume, très inspirant ….

    En attente du prochain texte

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